Fransız Haber Ajansı AFP: Türkiye’deki AB diplomatları İslamcı hükümetten rahatsız oluyor

Fransız haber ajansı AFP, İstanbul mahreçli haberinde AB temsilcilerinin Türkiye’de yaşanan gelişmelerden ‘büyük kaygı duyduğunu’ yazdı. Ajans, İstanbul ve Ankara’da görev yapan diplomatlarla görüştü.

Dünya çapında 200 bürosuyla 150 ülkeden haber geçen ve küresel düzeyde basının başvurduğu en önemli kaynaklardan biri olan AFP haber ajansı, Ankara ve İstanbul’da görev yapan yabancı diplomatların gözünden Türkiye’deki gelişmeleri değerlendirdi. Haberde şu ifadeler yer aldı:
Avrupa Birliği diplomatları Türkiye’de iktidardaki İslamcıların gittikçe artan militan duruşuyla ilgili her geçen yıl daha çok endişe duyuyor. Ankara’yı, hükümet karşıtı darbe planlarıyla ilgili soruşturmaları muhalifleri susturmak için kullanmakla ve devlet okullarına Kuran eğitimi getirerek ülkenin laik duruşuna zarar vermekle suçluyorlar. Diğer konular da dini eğitim veren okullara çocukların gönderilebileceği yaşı düşürmek, İslamı ve kürtajın yasaklanmasını eleştirenlere giderek artan baskı…

Sivil toplumun sesi duyulmuyor
Genişlemeden sorumlu AB Komiseri Stefan Füle perşembe günü bunları Türkiye’nin AB üyeliğiönündeki engeller olarak saydı. Füle “Bu toplantıyı öğrencilerin, akademisyenlerin, vekillerin artan tutuklanmaları ile basın özgürlüğü ve ifade özgürlüğüyle ilgili endişelerimizi iletmek için kullandım” dedi. AB’nin Türkiye delegasyonunun eski büyükelçisi Marc Pierini “Son dönemdeki gelişmeler muhafazakar eğilimin baskın olduğunu ve muhalefetin yokluğunu gösteriyor” dedi. Pierini’nin halefi Jean-Maurice Ripert, Erdoğan’ın “Her kürtaj bir Uludere’dir” demesinin ardından “Bazı politikacılar uygun olmayan benzetmeler yaptı” yorumunu yaptı. Ankara’daki görev yapan bir diplomat ise “Sivil toplum var ama sesleri duyulmuyor. Medya doğrudan ya da doğrudan olmayan yollardan AKP tarafından kontrol ediliyor ve muhalefet güçsüz” dedi. İstanbul’daki Avrupalı bir diplomat Fazıl Say ile ilgili ‘Konu sadece yargılanması değil. Hükümet yanlısı Sabah gazetesi, Say’ı hedef gösteren adamı kahraman yaptı’ dedi.” Milliyet

Orjinali aşağıdadır:

Le régime islamo-conservateur turc se radicalise, selon des diplomates

lundi, juin 11, 2012
Des milliers de femmes ont manifesté contre le texte de loi sur l’avortement, autorisé en Turquie depuis 1965. Bulent Kilic/AFP
Des milliers de femmes ont manifesté contre le texte de loi sur l’avortement, autorisé en Turquie depuis 1965. Bulent Kilic/AFP
Des organisations des droits de l’homme dénoncent plusieurs signes indiquant une répression croissante du pouvoir.L’Union européenne s’inquiète d’atteintes aux libertés en Turquie, et à mots couverts, des diplomates notent une radicalisation du régime islamo-conservateur du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.
« Une série d’orientations récentes montrent que la tendance conservatrice tient la corde et n’a pas d’opposition », note ainsi Marc Pierini, ancien chef de la Délégation de l’Union européenne à Ankara.
Jeudi à Istanbul, le commissaire en charge de l’Élargissement de l’UE Stefan Füle a donc appelé la Turquie, candidate à l’adhésion, à poursuivre les réformes. Et, a-t-il ajouté, « j’ai profité de cette réunion pour exprimer nos inquiétudes concernant les mises en détention croissantes de députés, universitaires et étudiants, et à propos de la liberté de la presse et des journalistes ». Une centaine de journalistes sont en effet en détention, selon les défenseurs des droits de l’homme, de même que des dizaines de militaires accusés de complot.
Jean-Maurice Ripert, qui a succédé il y a cinq mois à M. Pierini, a également adressé une critique remarquée à M. Erdogan, pour ses déclarations sur l’avortement. « Certains hommes politiques ont fait des comparaisons qui ne sont pas appropriées », a-t-il reproché fin mai. « Chaque avortement est un Uludere », avait lancé le dirigeant turc, allusion à la mort en décembre de 34 villageois d’Uludere, bombardés par erreur par l’aviation turque qui les avait pris pour des rebelles kurdes.
Le gouvernement veut en outre faire voter un projet de loi réduisant la période de grossesse pendant laquelle l’avortement est autorisé de dix à six ou quatre semaines. Des milliers de femmes ont manifesté contre ce texte, dans un pays où l’avortement est autorisé depuis 1965.
De fait, les signes d’une évolution du régime s’accumulent, notent des diplomates européens. Ainsi la nouvelle loi sur l’école, applicable à la rentrée et que dénonce le camp laïque. Elle introduit des cours facultatifs sur le Coran dans les écoles publiques et dispose que les enfants pourront accéder dès la fin du primaire, et non plus au lycée, aux écoles religieuses, les imam hatip, qui forment principalement des prédicateurs.
Deux autres projets inquiètent les défenseurs des valeurs laïques de la république fondée par Atatürk. L’un est le lancement d’une chaîne de télévision religieuse par la télévision nationale TRT et la direction des affaires religieuses (Dianet), l’autre est un projet du ministère de l’Équipement imposant des salles de prière dans les nouveaux crèches, théâtres ou opéras. « La société civile existe, mais elle est peu audible. Les médias sont pour la plupart contrôlés directement ou indirectement par l’AKP (le parti au pouvoir depuis 2002), et l’opposition est impuissante », note un diplomate à Ankara.
De même, le pianiste turc de renommée mondiale Fazil Say sera jugé en octobre pour atteinte aux valeurs religieuses sur Twitter. Il risque un an et demi de prison. « Ce n’est pas seulement le fait qu’il soit jugé, mais aussi ce qu’en dit le journal progouvernemental Sabah qui fait un héros du type qui l’a dénoncé », note un diplomate européen à Istanbul. Sabah avait publié un portrait du délateur, de même que le journal islamiste Yeni Akit sous le titre : « L’homme qui ne laisse pas de répit aux ennemis de l’islam. »
M. Erdogan vient de plus d’annoncer la construction sur une colline d’Istanbul « d’une mosquée géante, visible de tous les points » de la ville, faisant froncer les sourcils dans les ambassades occidentales. Le Premier ministre a alimenté le sentiment qu’il a un « agenda caché d’islamisation » du pays, « par exemple lorsqu’il a dit que son parti et lui-même souhaitaient “l’émergence d’une génération religieuse” », note l’éditorialiste Semih Idiz du journal Milliyet. « Tous ces éléments montrent qu’il y a un projet de société, un projet nationalo-islamiste », affirme le diplomate basé à Istanbul. « Et, ajoute-t-il, Erdogan a trois atouts : l’obsession des États-Unis de faire de la Turquie un phare de l’islam moderne, le vide sidéral du monde politique arabe avec la disparition d’interlocuteurs tels l’Égypte ou l’Irak, et la faiblesse d’une Europe en crise. »(Source : AFP)

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